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Financement de l'école Sainte-Thérèse

Dernière mise à jour : 12 févr. 2023

Conseil Municipal du 7 février 2023 : délibération N° 2

Les interventions du groupe Montgeron en Commun

Intervention de @Rémi Hackert


FINANCEMENT DE L’ÉCOLE SAINTE THERESE ******************************************* Le conseil municipal du 7 février 2023 devait délibérer sur le conventionnement de la mairie avec l'école privée Sainte-Thérèse, pour une durée de trois ans renouvelable tacitement une fois. Cette convention définit notamment le montant de la SUBVENTION MUNICIPALE. La loi prescrit le versement d'une subvention par enfant égale aux dépenses de fonctionnement que la municipalité engage pour les enfants scolarisés dans le public. Le cumul des frais de scolarité et de la subvention municipale permet à cette école de disposer d'un budget de fonctionnement quasiment doublé par rapport à l'école publique. Les élu.e.s Montgeron en Commun se sont opposés à cette délibération au nom de l'égalité républicaine. Ci-dessous notre explication de vote in extenso et deux annexes qui peuvent intéresser chaque parent d'élèves :

********************************************* ********************************************* Mesdames et messieurs les Conseiller.e.s,

Nous sommes conscients qu’il s’agit d’une obligation légale mais nous voterons contre cette délibération pour affirmer notre désaccord avec le financement public des écoles privées.

En effet, pourquoi devrions-nous organiser et financer l'entre-soi d'une centaine de parents d'enfants maternels et élémentaires ? Que payent les parents de cette école en finançant les quelques 1000 euros de frais de scolarité annuel ? Pas les enseignants (c’est l’Etat), pas les atsems, pas le mobilier, pas le chauffage, pas les réparations, ni même les classes de découverte, tout cela est inclus dans la subvention municipale.

Avec les frais de scolarité de plus de 1000 euros, l'école Sainte-Thérèse a donc un budget de fonctionnement quasiment doublé par enfant à celui de l'école publique.

Elle est où Mme le maire, l'égalité républicaine, elle est où M. Durovray l'égalité républicaine, elle est où Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux l'é-ga-li-té républicaine ?

Nous allons donc payer les factures de chauffage d'école qui ne nous appartiennent pas tandis que nous fermons la piscine publique pour réduire les factures, tandis que nos écoles avec 15,16, et 18 classes attendent la construction d’un groupe scolaire.

Une grande partie de la droite de ce pays soutient sans ménager ses efforts le financement public des écoles privées - notamment la majorité régionale de Valérie Pécresse **.

C'est qu'elle rêve de transformer l'école publique sur le modèle de l’entreprise. Quel rapport me direz vous ?

Il y a 20 ans, les néolibéraux européens annonçaient vouloir faire de l'Europe, une Europe de la connaissance tandis que les petites mains indiennes et chinoises, elles, produiraient. Les objectifs définis dans la Stratégie de Lisbonne(*) affirmaient pour cela le besoin de créer un grand marché de l'éducation déjà à l’époque bien entamé dans l’enseignement supérieur. Dans les textes la notion de citoyenneté s'estompait au profit de la notion d'employabilité dans l’énoncé des objectifs assignés au système éducatif.

Depuis 10 ans, la Cour des Comptes dessine dans ses rapports (****) un système éducatif composé d’établissements autonomes, sous contrat avec l’Etat et la collectivité locale avec un financement dépendant des résultats des élèves. A leur tête, un vrai manager doté de pouvoirs d’évaluation, de paye et de recrutement sur les personnels de l’établissement, enseignants compris. Bref, la mise en place in fine d'établissements à plusieurs vitesses. Voilà l'objectif visé avec pour cela deux outils : vanter l’autonomie des établissements, territorialiser l’éducation, et présenter le cadre national comme superflu.

En soutenant financièrement si fermement l'école privée par l’argent public, en la rendant assez accessible à une certaine classe moyenne, l’objectif n’est ni plus ni moins que de faire imploser l'école publique pour la remodeler sur d'autres bases qui visent non la formation de citoyens en capacité de réfléchir, mais celle de jeunes muni d'un bagage minimum nécessaire à leur employabilité.

Ce bagage minimum a trouvé son nom : ils l’ont appelé les fondamentaux ou le socle : lire, écrire, compter, plus un petit peu. Le focus mis sur les fondamentaux, on regarde moins autour et la voilure se réduit : suppression d’ un an d’école aux enfants de l’élémentaire (l’école du samedi sur 5 ans), l’histoire supprimée en terminale, même les maths du lycée ont failli devenir optionnel dès la première. La technologie disparaîtra l’année prochaine en 6ème faute d’enseignants, etc..., etc.. .

Ils s'appuient pour mettre en place leur objectif sur cette volonté bien compréhensible des parents qui souhaitent " offrir le meilleur " à leurs enfants. Mais les parents participent en envoyant leur enfant dans le privé - pour beaucoup sans en avoir conscience - à enclencher un processus de ségrégation sociale à l’école. S’il était besoin, les chiffres des Indices de position Social (IPS) le montrent aujourd’hui clairement. L’école privée n’accueille pas tout le monde (***).

Offrir le meilleur ? Ces écoles privées font-elle mieux en vérité ? A vrai dire, on n'en sait rien. Les meilleurs taux de réussite aux examens reflétant d'abord l'écrémage en vigueur à l'entrée et pendant le cursus, et pas une qualité supérieure de l'enseignement et de l’apprentissage.

𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞, 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐨𝐧𝐬-𝐥𝐞, 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 : 𝐪𝐮𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐥𝐨𝐧𝐬-𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐨𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭𝐬 ? 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐞, 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐢𝐬𝐬𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐢𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧𝐬𝐞𝐦𝐛𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐟𝐨𝐧𝐭 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐞́𝐭𝐞́. 𝐎𝐮 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐯𝐨𝐮𝐥𝐨𝐧𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐢𝐫, 𝐚̀ 𝐥'𝐚𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐞 (𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐭), 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐬𝐞 𝐜𝐨̂𝐭𝐨𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐨𝐮 𝐬𝐢 𝐩𝐞𝐮. 𝐄𝐭 𝐜𝐞 𝐝𝐞̀𝐬 𝐥𝐚 𝐦𝐚𝐭𝐞𝐫𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞, 𝐝𝐞̀𝐬 𝐥'𝐞́𝐥𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 ?

C'est ce qui se met en place, et c'est ce que vous soutenez si vous ne vous exprimez pas contre.

Votez contre cette délibération - quitte à voter pour au prochain Conseil pour se conformer à la loi - pourrait être l’occasion d’envoyer un signal politique fort. Qu’en pensez vous ?

Le groupe Montgeron en Commun votera contre cette délibération au nom de l'égalité et en soutien à une école publique qui accueille tout le monde.

R̲é̲f̲é̲r̲e̲n̲c̲e̲s̲ :̲

(**) dans https://www.ccomptes.fr/system/files/2021-11/IDR2021-39.pdf p49&50. V. Pécresse va au delà de ses obligations légales puisqu'elle ne soutient pas seulement le fonctionnement mais aussi l’investissement des lycées privés.

(***) L'indice de position sociale (IPS) varie entre 38 et 178. Sa valeur moyenne en France dans le 1er cycle est de 102 et 114 dans le 2ème cycle.

Indice de Position Sociale des collèges montgeronnais Weiler: 99.8 Pompidou: 102.8 Sainte-Thérèse : 135.7

Indice de Position Sociale des écoles montgeronnaises F. Buisson : 128.5 J.C. Gatinot :119.3 Sainte-Thérese : 138.4 J. Moulin : 91.1 H. Boucher : 75.1 J. Ferry : 100.5

(****) https://www.cafepedagogique.net/.../la-cour-des-comptes.../ lien vers le rapport de la Cour des comptes en fin d'article

Enfin un thread intéressant du CNAL (Comité National d'Action Laïque) sur twitter qui retrace l'historique des lois ayant conduit à la situation actuelle: https://twitter.com/Laicite.../status/1623047430538252288...




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